Récherche sur le syndrome d'Usher
Récherche génétique


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Le gène majoritairement responsable de la forme la plus sévère du syndrome de Usher, caractérisé par un double déficit sensoriel auditif et visuel, vient d’être identifié par l’Unité de génétique moléculaire humaine, unité associée CNRS-Institut Pasteur de Paris, dirigée par Christine Petit, en collaborant principalement avec l’Unité de recherche sur les handicaps génétiques de l’enfant (INSERM-Hôpital des enfants malades, Paris) et le département de biochimie et de génétique moléculaire du Saint-Mary’s Hospital (Imperial College, Londres)

Atteignant un enfant sur 25 000, le syndrome de Usher est caractérisé par une surdité congénitale et une rétinite pigmentaire conduisant à une cécité. Plus précisément, le syndrome de Usher revêt trois formes cliniques, chacune d’entre elles correspondant à une maladie monogénique (un seul gène est touché), autosomique (le gène est porté par un chromosome autre que les chromosomes sexuels X ou Y), récessive (aucun des deux parents du malade n’est touché).

Au moins 7 gènes peuvent-être responsables de cette affection. Le gène identifié, USH1B, est responsable de 75 % des cas de syndrome de Usher de type 1, forme la plus sévère, qui correspond par ailleurs à la moitié de l'ensemble des cas d'Usher.

Sachant que le gène se trouvait dans une région chromosomique homologue à la région chromosomique de la souris contenant un gène responsable de surdité, les chercheurs sont remontés au gène humain. Ils ont ensuite mis en évidence des mutations dans ce gène chez les patients atteints de syndrome de Usher de type 1, démontrant son rôle dans la maladie. Ce gène code pour une myosine, protéine impliquée dans les déplacements de structure ou de molécules dans la cellule. Ceci laisse supposer que les autres gènes responsables du syndrome de Usher pourraient être d’autres gènes de myosines (on en connaît une douzaine actuellement).

L’équipe de Christine Petit, spécialisée dans l'étude des déficits neurosensoriels chez l'homme, est déjà l’auteur de la découverte du gène du syndrome de Kallmann de Morsier, qui associe un déficit olfactif et l’absence de puberté spontanée et a réussi à localiser les 2 premiers gènes de surdité récessive neurosensorielle.

Quelles sont les perspectives ouvertes par cette découverte ? La première consistera à mettre au point un diagnostic moléculaire de la maladie. Compte-tenu de la gravité de la maladie, les chercheurs du laboratoire pourront développer une analyse complète de ce gène à la recherche de l’ensemble des mutations. Cette étude s’appuiera sur une technique mise au point à l’Institut Pasteur et qui permet l’analyse exhaustive d’un gène. Estimer la fréquence de chacune des anomalies moléculaires décelables devient un objectif prioritaire.

La compréhension de la fonction de cette protéine permettra d’imaginer des thérapeutiques adaptées. L’objectif premier en est la définition des cibles moléculaires auxquelles s’attache cette myosine. Le développement d’un modèle animal de la maladie permettra de rechercher les moyens susceptibles, en particulier, de bloquer l’apparition de la rétinite pigmentaire. Si les mutations présentes dans l’homologue murin ne se manifestent que par une surdité et une perte de l’équilibre, on peut cependant faire l’hypothèse qu’elles n’inactivent pas totalement les fonctions de la myosine. Pour tenter de générer un modèle de la maladie, une délétion de la quasi totalité de la tête de cette myosine sera réalisée par recombinaison homologue chez la souris.

Enfin les autres formes génétiques du syndrome de Usher pourraient être dues à la déficience d’autres types de myosine ou de protéines qui leur sont normalement associées dans la cellule. Cette hypothèse ouvre des perspectives nouvelles dans la recherche d’autres gènes candidats pour les autres formes de Usher.

En mai 1995, une consultation destinée aux enfants déficients auditifs sera assurée par une pédiatre généticienne à l’Hôpital Pasteur.

Référence :

- D. Well [et collab..]. Defective myosin VIIA gene responsible for Usher syndrome type 1B. Nature, 374, 60-61 (1995).

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L'adresse originale de cette page:
www.cnrs.fr/Cnrspresse/n02a4.html

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