Les progrès réalisés ces dernières années par la science médicale et la technologie ont permis de restaurer chez certaines personnes atteintes de surdité profonde, un niveau d'audition inaccessible avec les prothèses auditives traditionnelles. En effet, grâce à l'implant cochléaire placé dans l'oreille du patient, il est possible de transformer les ondes sonores en signaux électriques qui stimulent directement le nerf auditif.
Le stade expérimental est aujourd'hui dépassé. Plus de 10 000 personnes dans le monde ont bénéficié de cette technique. Il s'agit de personnes adultes devenues sourdes par suite de maladie, ou d'enfants dont la déficience auditive remonte à la naissance ou aux premières années de la vie. L'implant cochléaire est un appareillage bionique qui supplée à la défaillance d'une partie des fonctions de la cochlée, située dans l'oreille interne.
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Le système envoie des signaux électriques qui déclenchent dans les fibres du nerf auditif, des ondes électrophysiologiques comparables à celles de l'audition. Par cette voie, ils peuvent être transmis jusqu'au cerveau.

L'implant cochléaire est indiqué pour des personnes trop profondément sourdes pour pouvoir tirer parti de l'appareillage acoustique même le plus puissant. L'indication de l'implant cochléaire pour un patient tient compte des caractéristiques de son audition (critères audiométriques, électrophysiologiques, anatomiques), de sa motivation et d'autres facteurs psychologiques et environnementaux.
Notre service, proche des personnes ou des enfants susceptibles d'être implantés, peut donner un avis aux centres hospitaliers implanteurs. Nous complétons leurs propres investigations par des études sur les réactions du patient au port d'une prothèse auditive classique, son appétence à la communication, ses aptitudes en lecture labiale, etc. Nous élaborons des avis psychologiques sur les motivations du candidat à l'implant, les dispositions de l'entourage notamment la disponibilité des parents. Nous pratiquons des examens audiométriques tonaux ou vocaux, des épreuves de discrimination auditive.
En dernier ressort, la décision est prise par la personne ou les parents de l'enfant en concertation avec le centre implanteur.
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Les résultats obtenus méritent d'être connus. L'implant cochléaire place d'emblée la personne opérée dans le monde sonore. Après quelques semaines, elle identifie le chant des oiseaux, reconnaît tous les bruits de l'environnement, peut écouter un disque. Par la suite, avec la rééducation, vient la reconnaissance du langage et souvent la possibilité de téléphoner. |
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L'adaptation postopératoire de l'implant cochléaire comporte
essentiellement :
- les réglages de l'implant,
- la rééducation auditive.
Notre équipe est formée à la prise en charge de ces deux
aspects.
Pour certains centres d'implantation, ces deux fonctions sont liées, la pratique d'autres équipes consiste à dissocier réglages et rééducation et à les confier à des personnes distinctes. Dans tous les cas nous agissons selon les directives du centre implanteur.
Les implants cochléaires utilisent un processeur programmable pour traiter le signal et coder les paramètres de chaque électrode. Les réglages s'effectuent par l'intermédiaire d'un micro-ordinateur muni d'interfaces adaptées, différentes selon les marques d'implants utilisées.
Paramètres réglables
Compte tenu de la sophistication des appareils actuels, il existe un grand nombre de paramètres réglables. On affecte à chaque électrode active une bande de fréquences de largeur variable, de façon à couvrir le spectre sonore le plus intéressant possible pour la compréhension de la parole et l'identification des bruits de l'environnement. L'émetteur externe est adapté à la sensibilité de chaque patient. Celle-ci dépend de multiples facteurs (potentiel des fibres auditives résiduelles, position des électrodes, état de la cochlée, étiologie et durée de la surdité préalable, etc.). On détermine électrode par électrode, les quantités d'énergie minimale et maximale utilisables. Le seuil minimum est la quantité d'énergie à partir de laquelle le patient ressent une sensation auditive. Le seuil maximum est l'énergie maximale acceptée par le patient ; la sensation auditive doit être forte mais non douloureuse. Lors du fonctionnement de l'appareil, l'intensité de la stimulation apportée par chaque électrode restera comprise entre les valeurs minimales et maximales qui lui sont propres. Les stimulations sont équilibrées de façon à ce que des sons de hauteurs différentes et d'intensités identiques soient perçus comme tels par le sujet. D'autres réglages permettent de perfectionner la perception auditive (gains par électrodes, niveau de stimulation électrique, discrimination de la parole dans le bruit, plage de réglages accessibles par le patient sur son boîtier).
Suivi et perfectionnement des réglages
Après la pose chirurgicale de l'implant, une première stimulation et des premiers réglages sont effectués par le centre implanteur au bout d'un délai variable selon les équipes, entre quelques jours et quelques semaines.
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Après ces premiers réglages lors de la mise en service de l'appareil, une partie d'entre eux doit être revue tout au long de la rééducation pour perfectionner la perception auditive du patient et trouver la meilleure efficacité possible des électrodes implantées. Le nombre et la fréquence de ces séances ludiques varient selon les sujets. |
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Notre Service pratique généralement une ou deux séances hebdomadaires au début de la rééducation et deux ou trois séances par an après quelques années.Il arrive aussi que des progrès techniques débouchent sur la modification ou le remplacement d'une partie de l'appareillage externe. Des séances spécifiques sont alors à prévoir.
Les réglages sont subjectifs et se basent sur les réponses du patient. Le professionnel doit trouver la meilleure efficacité d'utilisation de l'appareil sans que celui-ci soit traumatisant.
De cet équilibre fragile entre compréhension et confort dépendent l'acceptation et la bonne adaptation à l'appareil.
Les résultats de l'implant cochléaire sont obtenus après une rééducation, indispensable à l'adaptation à l'implant. Cette rééducation est plus complexe et plus longue dans le cas des enfants sourds de naissance ou devenus sourds avant l'âge d'apprentissage du langage (surdités "prélinguales"). Elle est plus rapide chez les adultes devenus sourds depuis peu de temps, plus difficile s'il s'agit d'une surdité ancienne.
Progression
Pendant les premiers mois qui suivent l'opération, des séances quotidiennes de rééducation sont proposées aux patients, entrecoupées de séances de réglages. Après les deux premiers mois le rythme de deux à trois séances par semaine est conservé pendant une année pour les adultes et plus longtemps encore pour les enfants.
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L'entraînement auditif proprement dit comporte : |
Les porteurs d'implants récemment opérés font état, souvent avec émotion, de la perception des bruits de l'environnement (oiseaux, grincement de porte, passage d'une voiture, d'un avion etc.). Leur perception est quasi immédiate après la mise en service de l'implant et leur interprétation est facile. C'est notre premier matériau d'éducation auditive. Il s'agit de construire une relation interactive entre la perception visuelle d'actions bruyantes et leur manifestation auditive. En premier lieu les bruits du service : des pas, une chasse d'eau... Puis se promener dans le parc de l'Institut, entendre ses propres pas dans les feuilles mortes, écouter la fontaine en voyant couler l'eau, chercher quel est le mouton qui bêle, jusqu'aux pies, aux étourneaux et aux merles qui nous apportent leur concours !
Nous demandons aux personnes et aux parents d'enfants implantés de noter sur un carnet, tous les bruits reconnus. Au début, quelques notes sont présentées de séance en séance. Très rapidement, le carnet déborde, les personnes ne suivent plus, oublient de noter devant l'abondance des indices reconnus. Quel encouragement pour la personne implantée et son entourage !
Après la phase d'identification de sons et de bruits suivant leur durée, leur intensité, leur hauteur, leur timbre le travail sur les éléments vocaux débute par l'identification de voix : celle du patient lui-même, celles du rééducateur et de l'entourage, voix masculine ou féminine...
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Une progression plus ou moins rapide passe par la reconnaissance d'intonations, l'identification de mots dans des listes thématiques, de phrases sur un sujet convenu puis aboutit à la possibilité d'une conversation libre et souvent à l'utilisation du téléphone. A certains stades de la rééducation il peut être utile de cacher ses lèvres pour attirer l'attention sur l'audition, mais le but de la rééducation est d'arriver à la meilleure compréhension possible d'un interlocuteur dans des conditions normales, incluant la lecture labiale. |
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Des tests d'évaluation périodiques permettent de vérifier de la façon la plus objective possible les progrès des patients. Un contrôle médical et une vérification de l'appareil sont effectués dans le centre implanteur tous les six mois puis une fois par an, ou dès qu'une anomalie dans l'audition intervient. |
Lors du travail avec de jeunes enfants, une guidance parentale particulièrement attentive accompagne toute l'action postopératoire. Le plus souvent possible, les séances de réglages et de rééducation se pratiquent en présence des parents. Il s'agit de répondre de façon précise aux questions, sans les bercer d'illusions et sans les inquiéter inutilement. Attirer l'attention sur les progrès de leur enfant aide souvent à calmer l'impatience et à redonner courage. Le rééducateur peut également les aider à faire évoluer le moyen de communication qui avait cours précédemment entre l'enfant sourd et son entourage. Dans tous les cas, la réussite de la rééducation dépend directement de la façon dont les parents et l'entourage proche de l'enfant (dont le milieu scolaire) considèrent ce travail et s'y impliquent. La stimulation verbale et le soutien psychologique de l'environnement sont déterminants. Ils peuvent transformer une indication douteuse en réel succès, mais leur absence peut avoir un effet désastreux sur un enfant pour qui toutes les chances de succès étaient réunies.
La rééducation permet au sujet de trouver le plaisir d'entendre et de construire ou de reconstruire l'utilisation des indices auditifs pour l'interprétation des informations sonores : fonction d'alerte de l'audition, reconnaissance de sons ou de bruits, compréhension de la parole.
La nécessité du Service d'Adaptation à la Prothèse Cochléaire Implantée s'adressant aux personnes porteuses d'un implant cochléaire, s'est progressivement imposée au Bruckhof. Malgré l'absence de centre implanteur en Alsace, plusieurs enfants ou adultes profondément sourds de notre région ont bénéficié de cette opération pratiquée dans divers centres hospitaliers français. Leur rééducation et les réglages de l'appareil dans l'hôpital implanteur nécessitaient de nombreux déplacements de la personne ou de l'enfant avec sa famille, des séjours fréquents et parfois prolongés loin de chez eux. Un service local d'adaptation permet de réduire considérablement cette gêne occasionnée aux familles ainsi que l'incidence financière à la charge des familles elles-mêmes ou de la Sécurité Sociale.
Convaincu de l'intérêt considérable de l'implant cochléaire pour les personnes et les enfants sourds profonds, le Bruckhof consacre une part de son activité à cette branche nouvelle, en cohérence parfaite avec ses options oralistes.
L'activité d'un Service local d'adaptation n'est envisageable que sous le contrôle et en relation étroite avec les centres implanteurs. Il ne saurait prendre en charge que les missions qui lui sont explicitement confiées par le service implanteur, celui-ci étant par principe l'unique maître d'oeuvre.
Dans la pratique, les tâches concédées au Service local d'adaptation par les services implanteurs varient en fonction des conceptions de chaque équipe implanteuse. Elles peuvent concerner l'ensemble du suivi postopératoire, ou se limiter aux réglages ou à la rééducation (ou à une partie de celle-ci ...).
Dans tous les cas, le Service d'adaptation se doit de suivre scrupuleusement les indications données par l'équipe d'origine et lui rendre compte périodiquement de son action selon des modalités à convenir dans chaque cas.
Les personnes concernées par l'éventuelle indication d'un implant cochléaire se trouvent souvent très isolées au moment de la prise de décision. Le choix est encore plus difficile lorsque les parents doivent se prononcer pour leur enfant. La technique de l'implant cochléaire est encore peu répandue et les intéressés aimeraient souvent pouvoir compléter les avis médicaux par des entretiens avec des personnes ou des parents d'enfants présentant des problématiques voisines.
Pour répondre à ce besoin d'information et de contacts notre service est en relation avec une association de personnes intéressées à des titres divers par l'implant cochléaire : personnes implantées, parents d'enfants implantés notamment (ADIC Nord-Est, 45 rue Principale, 57930 BERTHELMING).
L'adresse originale de cette page:
http://www.bruckhof.org/implant.html