Impact sur la qualité de vie
Aspects psychologiques


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Le travail de deuil

Chez la personne déficiente visuelle des repères pour mieux comprendre


Le deuil normal

Il ne s'agit pas de psychologiser toute démarche rééducative, ni d'apprécier les changements mis en oeuvre par une personne déficiente visuelle sous cet angle unique, pas plus que de considérer les variations inter-individuelles de comportement, comme étant une donnée irrationnelle négligeable. Dans ce dernier cas bien souvent le qualificatif de "psychologique" est employé pour masquer une incompréhension prudente, ou pour le moins signifier le point où s'arrêtent nos explications logiques. Or, placée à côté des autres critères d'analyse et d'évaluation, la dimension psychologique du déficient visuel est un élément indispensable à prendre en compte, tant par les professionnels de la rééducation, que par l'entourage socio-familial, pour comprendre une personne handicapée visuelle dans sa globalité.

Le travail de deuil

Lors de la survenue d'une déficience visuelle, le sujet doit modifier son image de soi pour y intégrer la baisse visuelle nouvelle et en retrancher les domaines d'efficacité et d'autonomie atteints par la déficience. Ce mécanisme psychologique est le travail de deuil, présent à chaque fois qu'une personne subit une perte touchant soit ce qu'elle est (image de soi, de ses possibilités), soit ce qu'elle aime (perte d'un proche). Il s'agit d'un mécanisme en rien propre à la déficience visuelle et qui ne permet pas de ne plus souffrir de ce que l'on vient de perdre, ni d'oublier ou de gommer une réalité pénible. Ce n'est que le moyen, nous pourrions même dire la condition nécessaire, à la compréhension de la perte par le sujet. Sans travail de deuil, la perte reste extérieure à la réalité du sujet, comme un élément dont on parle que l'on connaît mais pour lequel les implications affectives et pratiques n'existent pas. Nous avons tous en tête ces illustrations d'un deuil non fait, où par exemple, le sujet aimé disparu est considéré comme toujours présent. Sa chambre est inchangée, sa place à table maintenue et l'ensemble de ce qu'il faisait et disait, considéré comme toujours présent, toujours possible.

Ce travail, au sens où il suppose du temps, un investissement et où il rapporte un bénéfice à terme, peut se décomposer schématiquement en trois phases : dénégation, dépression et réaction.

Soit, en résumé:

Il est essentiel de savoir que ce mécanisme psychologique de deuil est, un mécanisme normal d'adaptation à une perte. Nous l'avons tous vécu, dans des circonstances parfois bénignes : (je perds ma montre, première réaction : "Ce n'est pas vrai" et je la cherche dans mes poches ou autour de moi ; deuxième réaction : "Ca n'arrive qu'à moi", "Je perds toujours tout", "Je suis un nul" ; troisième réaction : demander l'heure à un passant, s'acheter une autre montre). Le sujet ne peut en faire l'économie et sa résultante sera la portée fonctionnelle du handicap, après ce travail d'intégration d'une perte nouvelle (une déficience visuelle) aux éléments, passés et présents, constitutifs de l'image de soi.

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